Suivi #GCVD - 2019-03-19- Motion Léonore Porchet et consorts - Médecines complémentaires au CHUV : cessons CEMICmac


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Point 8: Motion Léonore Porchet et consorts - Médecines complémentaires au CHUV : cessons CEMICmac

Dans ce texte, les auteurs reprochent une mise en œuvre désordonnée et beaucoup trop lente de l'article 118a de la Constitution fédérale, votée par le peuple en 2009, et qui demandait le remboursement des prestations de cinq médecines complémentaires par la LAMAL ainsi que leur intégration dans la pratique médicale au sein des établissements publics ainsi qu'une formation appropriée pour les prestataires. En effet, il apparaît qu'au CHUV, chaque chef de service décide quelle prestation de médecine complémentaire est proposée et selon quelles modalités pour répondre à quels besoins. Le texte reproche ainsi un manque total de transversalité entre les services et les praticiens de ces thérapies au sein des différents départements du CHUV. Ils réclament donc un coup d'accélérateur législatif et financier, pour mettre en place des programmes de formation globaux et une pratique transversale des médecines complémentaires en fonction des besoins des patients et non plus des décisions des chefs de services. Par ailleurs, ils ont en effet constaté que le CEMIC (Centre de médecines intégratives et complémentaires) semble destiné à être fusionné avec le centre de la douleur et donc devoir se réduire à ne proposer que des prestations liées à la douleur. Or, selon les auteurs, les médecines complémentaires sont efficaces pour prendre en charge de nombreux autres besoins médicaux et pas uniquement pour contribuer à soulager les douleurs.

Remarque: Cette motion est intéressante car elle soulève la problématique du type de médecine que nous voulons dans les institutions publiques. Il est à souligner que les auteurs parlent du risque de "pratiques pseudo-médicales" sans jamais les nommer et de la problématique des "charlatans" qui s'en prennent à des patients trop "crédules". Le problème est que les auteurs ne disent pas comment on distingue les pratiques pseudo-médicales des pratiques médicales efficaces dans le domaine des médecines complémentaires. Or, ces dernières n'ont tout simplement pas fait la preuve de leur efficacité, au-delà de l'effet placebo. Les auteurs parlent de l'hypnose, utilisée en complément d'anesthésie et de calmants ou d'anti-douleurs, mais l'hypnose n'est pas considérée comme une médecine alternative. Elle est considérée comme un soin médical à part entière, justement parce qu'elle a fait ses preuves dans ce domaine. Par ailleurs, il n'est pas étonnant que le CHUV considère de fusionner le CEMIC avec le centre de la douleur: en effet, c'est dans le domaine de la prise en charge de la douleur que l'effet placebo déploie véritablement son efficacité.