Suivi #GCVD - 2019-04-02 - Point 15: Postulat François Clément et consorts - Un refuge pour sauver des vies


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Point 15: Postulat François Clément et consorts - Un refuge pour sauver des vies

Dans ce postulat et le rapport de la commission qui s'en est suivi, la problématique du soutien, voire de la prise en charge de jeunes LGBTQ+, au moment de leur coming out familial, est soulignée. En effet, cette révélation, qui se déroule souvent entre 14 et 17 ans, peut souvent mener à un fossé, voire une rupture des relations familiales, parfois accompagnée de violences physiques, qui peuvent déboucher sur l'isolement social, mais aussi scolaire et professionnel, du jeune LGBTQ+, lequel ne voit alors souvent pas d'autres alternatives que de se donner la mort. Il apparaît ainsi que le taux de suicide chez les jeunes LGBTQ+ de moins de 20 ans est 2-5 fois supérieur à celui qui prévaut chez les jeunes hétérosexuels. Sur le modèle français, Genève a mis sur pied un lieu d'accueil appelé "Le Refuge", animé par une équipe socio-éducative qui peut mener plusieurs actions: médiation avec la famille et l'entourage socio-scolaire ou professionnel du jeune, soutien psychologique et, dans les cas les plus graves et urgents, offrir une solution de logement temporaire. Sur Vaud, il existe certes des structures associatives telles que Lilith (pour les jeunes lesbiennes) et VoGay (pour les jeunes gays et autres orientations sexeulles) qui peuvent intervenir pour soutenir un jeune au cours de ce processus de coming out, notamment en termes de médiation avec la famille et l'école. Cependant, dans les cas les plus graves, lorsque le jeune se retrouve chassé de chez lui et qu'aucune médiation n'a pu venir à bout du conflit l'opposant à sa famille, ces associations sont obligées de le réorienter vers d'autres structures, telles que la LAVI, qui ne sont pas toujours bien armées pour gérer ce genre de situations spécifiques. Les postulants demandaient donc au CE de considérer l'opportunité de créer une structure similaire à celle existant à Genève et en France, à savoir un refuge où des jeunes LGBTQ+ pourraient aussi trouver un logement tout en restant accompagné par des assistants socio-éducatifs.

Dans sa réponse, la commission estime que les structures existantes sur Vaud sont suffisantes pour venir en aide à ces jeunes. Ils soulignent notamment la rareté des demandes pour un logement temporaire et l'importance du travail de prévention et de médiation déjà réalisé par Lilith et VoGay. Ils estiment que plutôt que d'agir en aval, dans l'urgence, il vaut mieux investir encore plus dans une action en amont, de prévention et de médiation, en renforçant les collaborations entres les différents acteurs socio-éducatifs du Canton de Vaud. Pour les cas les plus graves, ils estiment que les structures d'accueil vaudoises actuelles sont suffisantes. La commission propose donc un renvoi partiel du texte.

Remarque: La question de l'inclusion sociale de chaque individu de notre société est aussi une des grandes préoccupations du Parti Pirate et la manière dont l'État répond aux difficultés expérimentés par les jeunes présentant des orientations sexuelles encore difficilement acceptables par une bonne part de la société, malgré les progrès accomplis ces dernières décennies, est aussi un marqueur du bon fonctionnement de notre démocratie. Dans ce cas, ce sont deux logiques qui s'affrontent: celle de la nécessité d'assurer la dignité et l'inclusion sociale d'une minorité numérique et le fait de devoir investir en faveur de cette minorité numérique. Comme d'habitude, il semble ainsi moins coûteux de devoir investir dans la prévention que dans la guérison. Mais, cette attitude semble faire peu de cas des situations actuelles, qui n'ont pas pu être prévenues, et qui restent donc le parent pauvre des mesures engagées. On peut ainsi être surpris de l'annonce, faite dans ce même rapport, de la suppression du lieu d'accueil de VoGay, ce qui semble aller à l'encontre de la logique de prévention.