Suivi #GCVD - 2019-04-10 - Réponse du Conseil d'Etat à l'interpellation Sonya Butera et consorts - L'utilisation non thérapeutique de l'armoire à pharmacie familiale


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Point 13: Réponse du Conseil d'Etat à l'interpellation Sonya Butera et consorts - L'utilisation non thérapeutique de l'armoire à pharmacie familiale

Dans cette interpellation, les auteurs s'inquiètent de la capacité des jeunes à trouver sur Internet des informations leur permettant de transformer des composants de médicaments communs, tels que la codéine, substance active de nombreux sirops pour la toux, en stupéfiants, avec les risques que cela comporte pour leur santé physique et psychique. Les auteurs demandent donc au CE de leur donner un état des lieux.

1. Quelle attention porte le Service de la Santé Publique sur ce phénomène ?

Les cas rapportés sont déclarés au Pharmacien et au Médecin cantonal, qui conseillent alors les mesures à prendre de prise en charge, notamment thérapeutiques, et même éventuellement une prise en charge dans une structure spécialisée dans le traitement de l'addiction.

2. Des tentatives d’achat de médicaments à but récréatif par des adolescents ont-elles été rapportées à l’office du médecin cantonal, si oui, quelles mesures ont été prises-y compris d’éventuelles initiatives individuelles de pharmacies vaudoises ?

Outre que les sirops à base de codéine ne seront disponible que sur ordonnance à partir de 2019, d'autres mesures ont été prises depuis plusieurs années, dont des circulaires et mises en garde n auprès des pharmaciens et le refus de ceux-ci de vendre de tels sirops à des mineurs sans ordonnance.

De plus, une enquête pénale est en cours dans le Canton de Vaud pour le cas d'abus de ces substances par la brigade des mineurs.

3. La consommation de tels « cocktails » par la population vaudoise est-il connue, et, si oui, quelle en est la fréquence ?

Il est très difficile d'estimer une telle consommation, mais les données qui ont pu être recueillies montrent qu'il s'agit d'un phénomène peu répandu et touchant surtout les 17-19 ans, généralement dans une perspective plus expérientielle.

4. Existe-t-il des statistiques vaudoises ou un suivi des admissions/consultations aux services d’urgence suite aux abus de médicaments (tant à visée récréationnelle que tentamen), notamment chez les jeunes, et, le cas échéant, quelle en est l’épidémiologie (distribution/âge, régions, médicaments incriminés) ?

Pas vraiment. Par contre, il y a des statistiques sur les « Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de substances psycho-actives » (DSM-10), dont les opioïdes, la codéine en faisant partie.

5. Quels moyens et canaux de prévention ont été mis en place dans le canton de Vaud concernant les risques liés à l’utilisation non thérapeutique de médicaments par les jeunes ?

Diverses campagnes de préventions sont réalisées dans les écoles, mais parler du danger de substances comme le "Deep Purple" sans risquer d'en faire la promotion est compliqué. Il existe aussi un site web "www.sois-prudent.ch" qui informe sur les dangers des divers psychotropes.

Remarque: Ce point est aussi à suivre dans la mesure où le Parti Pirate mène régulièrement une réflexion sur la problématique de l'usage et des dangers des drogues, qu'elles soient autorisées ou illicites. Dans ce cas précis, on voit, en creux, que la distinction entre substances licites et illicites n'est pas uniquement fondée sur les dangers qu'elles peuvent représenter pour la santé, mais aussi sur d'autres considérations beaucoup plus sociales et morales.