Suivi #GCVD - 2019-05-21 - Réponse du Conseil d'État à l'interpellation Léonore Porchet - Souffrons-nous d'amnésie visuelle ?


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Point 17 : Réponse du Conseil d’État à l’interpellation Léonore Porchet - Souffrons-nous d’amnésie visuelle ?

https://www.vd.ch/toutes-les-autorites/grand-conseil/prochaine-seance/seance-du-mardi-21-mai-2019/reponse-du-conseil-detat-a-linterpellation-leonore-porchet-souffrons-nous-damnesie-visuelle/

Dans ce texte, l’auteur regrette qu’il n’existe aucune infrastructure ou procédure permettant de mettre en commun le patrimoine historique visuel et graphique (photos, gravures, peintures, etc.) du Canton de Vaud, de telle sorte à faciliter son accès par le public. L’interpellation remarque que les œuvres picturales sont disséminées dans diverses institutions artistiques et culturelles du canton et que seules certaines ont entrepris une démarche visant à mettre à disposition du public leurs fonds visuels, rendant compte de l’histoire vaudoise. Remarquant que des institutions valaisannes, vaudoises et genevoises ont réussi à constituer des plateformes communes pour faire ce travail, elle demande au CE ce qui pourrait être entrepris au niveau du canton pour combler cette lacune.

En préambule de sa réponse, le CE revient sur la création, en 1894, du Centre iconographique vaudois (CIV), par le pasteur Paul Vionnet. Ce fond est constitué d’une très grande diversité de documents iconographiques, comprenant aussi bien des phototypes, que des pellicules, des peintures, des dessins, des gravures, etc. Par la suite, il a été rattaché à diverses institutions, dont le Musée cantonal des antiquités (1903-1945), la Bibliothèque cantonale et universitaire (BCUL) (de 1945 à 1978, puis dès 2016), le Musée de l’Elysée (1979-2016). Depuis 2016, c’est la BCUL qui est chargée de gérer ce fond, ce qu’elle fait bien, même si tout n’a pas encore été traité et numérisé. Normalement, ces collections seront déménagées dans les réserves de la future extension de l’Unithèque à Dorigny.

1. Suite à la transmission de la Collection iconographique vaudoise à la BCUL par le Musée de l’Elysée, qu’est-il prévu pour valoriser cette collection ?

Le CE estime que le Service des affaires culturelles (SERAC) a déjà commencé à réaliser un travail de valorisation de ces collections au-travers de plusieurs initiatives, menées depuis 2015:

  • exposition au Musée de l’Elysée du 18 septembre 2015 au 3 janvier 2016, réalisée avec la BCUL, accompagnée d’un colloque international ; 

  • ouvrage de référence La Mémoire des Images, Autour de la Collection iconographique vaudoise, co-publié en 2015 par ces deux institutions ; 

  • projet de conservation, recherche et valorisation qui a mobilisé plusieurs collaborateurs (SERAC), tant à la BCUL qu’au Musée de l’Elysée, ainsi que de l’UNIL, soutenu en partie par Memoriav.

Avant toute mise à disposition du public de ces collections, il importe d’abord de définir un plan de gestion global comprenant tri, inventaire, mesures de conservation ou de restauration et numérisation. Le CE prévoit un investissement de 100’000CHF. Cette collection sera ainsi peu à peu rendue accessible matériellement et numériquement à la population et aux chercheurs dans le cadre de l’Iconopôle que la BCUL est en train de mettre sur pied.

2. De quels moyens les différentes institutions cantonales possédant du matériel iconographique présentant un intérêt historique et scientifique disposent-elles pour le partager ?

Le CE signale que la BCUL a déjà commencé à construire une plateforme informatique, intitulée PATRINUM (patrimoine numérique et numérisé), dont pourront aussi bénéficier les fonds du CIV. Cet outil d’archivage pérenne permet l’inventaire et la mise en ligne de documents historiques. Celui-ci a été ouvert au public à la fin 2018 et des partenariats avec d’autres institutions vaudoises est au programme, afin de créer un réseau dynamique dans ce domaine.

3. Comment la coordination entre ces institutions, dans la perspective d’une mise à disposition du public et des chercheurs des différents fonds iconographiques existants, est-elle prévue ?

Outre la plateforme PATRINUM, des concertations ont été lancées entre les diverses institutions vaudoises concernées par le patrimoine historique visuel et graphique vaudois, afin de coordonner leurs politiques d’acquisition et d’éviter les doublons, mais aussi de déterminer les prérogatives de chacune.

Le CE fait aussi remarquer que ces réseaux de collaboration entre institutions ne concernent que les documents visuels à valeur documentaire, mais pas les œuvres visuelles artistiques, comme les collections d’œuvres de photographes, au Musée de l’Élysée ou d’estampes, réalisées par des artistes vaudois et conservées au Musée Jenisch à Vevey.

4. La création d’une iconothèque cantonale est-elle en projet ?

C’est l’icônopôle de l’Unithèque de Lausanne qui jouera ce rôle. Cela signifie que la CIV, actuellement gérée par la BCUL, sera raccordé à d’autres fonds particuliers dans le cadre d’une politique d’acquisition coordonnée.

Remarque: La question de la mise à disposition libre du savoir et de la connaissance est une préoccupation-clé du PPVD. En effet, le patrimoine publique doit être facilement accessible à l’ensemble de la population et d’une manière qui respecte aussi l’intégrité de ce patrimoine.